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La Tariqa Mouride
http://www.touba-internet.com/

Ce site, très bien fourni, a pour vocation de diffuser l'oeuvre de Khadimou Rassoul. Il expose un certain nombre d'éléments sur la voie Mouride nous permettant de visiter la vie de son fondateur et de ses Khalifs, de disposer de traductions complétes de ses hautes éloges sur le Prophète salallahou alayhi wa sallam (Djeuzbou, Moukadimat, tazawwudu-sh-shubân, Jawharun-Nafîs, Masaalikul-Jinaan etc.), de suivre l'actualité de la voie mouride de la ville de Touba. ....
« ...Il est le Prophète-Envoyé, il est le Meilleur Serviteur et Seigneur, il est l'Ami Intime et le Bien-Aimé, son égal ne se trouve nulle part, Il est l'Interlocuteur, le Proche, l'Evocateur et le Reconnaissant, Il est un Généreux et un Honorable qui pratique la bienfaisance par des actions nobles et généreuses ... »


L'Ordre Soufi Naqshbandi
http://www.geocities.com/naqshbandiya/

Le site, très bien détaillés, développe beaucoup de thèmes : origines, Cheikhs qui se sont succédés depuis Abou Bakr Sadiq, principes, enseignements pratiques, dhikr de la voie Naqshbandi, paroles de sagesse, Initiation, adab des mois etc.
... « Le plus distingué Ordre Naqshbandi est la voie des compagnons du prophète et de ceux qui les suivent ... garder la conscience de la présence de Dieu ..., sur le chemin de l'effacement de soi ... Elle commence où les autres ordres s'arrêtent, dans l'attraction de l'amour divin complet, qui a été accordé au premier ami du prophète, Abu Bakr as-Siddiq ... »
« ... La Respiration Consciente ..., Observez Vos Pas,... Voyage Vers la maison,... Solitude dans la Foule,... Le Souvenir Essentiel,... Retourner,... « quand je L'ai atteint j'ai vu que Son Souvenir de moi avait précédé mon souvenir de Lui. » Etre attentif,... "Quiconque se connaît, connaît Son seigneur." Le Souvenir,... se comprendre et manifester la Lumière de l'Essence Unique (anwar adh-dhat Al-Ahadiyya) de Dieu ... ».


La Voie Qadiriya Boutchichiya
http://www.tariqa.org/

Une navigation aisée sur ce site qui présente la Voie Qadirya Boutchichia du nom de son guide actuel Sidi Hamza al Qâdiri al Boudchichi descendant direct et héritier de Moulay Abd al Qâdir al Jîlanî et du Prophète salallahou alayhi wa sallam, des Sentences, des concepts de la voie pensées du jour, Hikam, et qui donne quelques repères, qui permettront ensuite à chacun de cheminer et de découvrir par lui même, à travers sa propre pratique, les aspects toujours plus intérieurs et plus subtils de cette Voie
« Une Voie spirituelle se présente comme un chemin de retour au centre de notre être,...... par le rétablissement de notre perception de la divinité. Une Voie vivante est une voie dont le Guide spirituel est un être réalisé qui vit parmi nous, comme un isthme ou un pont entre la réalité divine et notre propre réalité... ».
« ... Les oeuvres sont des formes dressées, dont l'esprit est le secret de l'intention qui y est insufflée ... »


Tariqa Rahmaniya Khalwatiya
http://membres.lycos.fr/rahmaniya

Le nom Khalwatiya prend son origine de la Khalwa (retraite) qui est le plus important des fondements de cette méthode de direction spirituelle. La voie est foncièrement basée sur le Coran et les Khalwati reproduisent le rituel de l'initiation telle que rapportée par la tradition prophétique. Le site présente aussi quelques maîtres de la voie, la prise du pacte, les piliers de la tarîqa et ses litanies (zikr), les règles de la Khalwa etc.
« ... Khalwa symbolise les moments de solitude du saint Prophète dans la grotte du mont Hira ou il reçut la Visite de l'archange Gabriel et rappelle également la retraite de Moïse sur le mont Sinaï ... »
« ... Le Khalife Ali, que Dieu l'agréé, demanda à l'envoyé de Dieu : "Comment dois-je invoquer Allah? " Le saint Prophète (sas) lui répondit " Ferme les yeux, écoute et répète après moi trois fois "La ilaha ila Allah ... » « ... processus de transformation, en sept étape, qui fait passé le mouride de l'âme incitatrice au mal (Amaratoun bi essoui') à l'âme parfaite (Nafs el Kamila) où il sera en mesure de vivre l'expérience du fathou (l'illumination) dont les fruits sont la Gnose (el Maarifa) et l'Epiphanie (el Tajali) ... ».


MASSAALIK-UL JINAAN (ITINERAIRES DU PARADIS),





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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 10:57
- Par ANSAROUDINE THIES

Seïdina Ahmed Tidjani
(qu’Allah sanctifie son précieux secret
)
ENFANCE
Abul Abass Mohamed Ibn Mohamed Ibn El Mokhtar, Seydina Cheikh Ahmed Tidiani (r) est venu au monde en 1737 correspondant à 1150 de l'hégire à Aïn Madhi en Algérie.
Il naquit et grandit dans une famille très attachée au Coran et à la Sunnah ce qui lui a valu une bonne éducation religieuse et un environnement propice au développement spirituel .Fils de Mohammed Ibn El Mokhtar Tidiani et de Aicha , Cheikh Ahmed Tidiani (r)est un véritable chérif par Hassan fils de Ali Ibn Abu Talib et Fatima bintou Mohamed .Ce dernier lui certifia son ascendance lors d'une vision à l'état de veille : il lui répondit par trois fois :
"Réellement tu es mon fils." Puis Il ajouta : " Ton ascendance par Hassan ibn Ali est authentique."
En 1744 à l'âge de 7 ans il mémorisa entièrement le Coran sous la conduite Mohamed Ibn Hamou Tidiani (r) .Par Mabrouk ibn Bou'afiya Madaoui Tidiani (r), il apprit le fikh de l'imam Malick et la jurisprudence islamique. Encore très jeune Seydina Ahmed Tidiani (r) rencontre le prophète dans la rue par une lumière qui va de la terre au ciel, avant de lui apparaître physiquement .Alors il chercha refuge chez sa tante, qui le couvrit et le réconforta ce qui donnant l'image de la rencontre entre Mohamed et Djibril.
En 1753 à l'âge 16 ans Cheikh Ahmed Tidiani (r) devint orphelin de ses parents le même jour par une épidémie de peste

CURSUS
A l âgé de 21 ans en 1758, il entre dans la prestigieuse Université Qarawiyyin de Fès il y obtint ainsi tous les diplômes lui conférant le droit d'enseigner toutes les sciences Il reçoit beaucoup d'enseignements spirituels des grands Walis et docteurs que comprennent cette ville universitaire Après avoir retourné à 'Ain Madhi, il se rendit à Abiod chez cheikh Ben-Eddin (r) où il resta durant 5 années .En 1768 alors âgé de 31 ans il partit à Tlemcen où il enseignant des années. Durant toutes ces années qui se sont écoulées Cheikh Ahmed Tidiani (r) a pris beaucoup de wirds notamment de cheikh Taïb ibn Mohamed (r) de cheikh Abdoul Khadr Dieylani (r), de cheikh Ahmed El Habib El Ghamary (r) la tarikha Nassriya par cheikh Mohamed ibn Abdallah(r) Tazani .
En 1773 correspondant à 1186 de l'hégire alors âgé de 36 ans il effectua le pèlerinage à la Mecque. Pendant son voyage il prit de Mohamed ibn Abdou Rahman Azhari (r)la voie Khalwatiya, puis en arrivant en Tunisie il y enseigna pendant un an et il y rencontra cheikh Abdou Samad Rahawi (r).Puis il partit en Egypte au Caire pour rencontre le grand maître Mohamed El Kourdiou (r)qui lui dit "Tu es aimé auprès d'Allah dans ce monde ainsi que dans l'au-delà. " Il lui demanda : "D'où te vient cela ? " Kourdiou lui répondit : "D'Allah ! " Seydina Ahmed Tidiani (r) lui déclare son souhait d'atteindre Le Khotbaniya el 'Oudhma Mohamed El Kourdiou lui affirma qu'il atteindra plus haut. Il retourne à la Mecque pour une grande rencontre celle de Cheikh Ahmed Ibn Abdallah el Hindi qui le nomma héritier de ses secrets et lui donna son propre fils comme talibé car Allah lui avait dicté cela. Il partit à Médine chez le Pôle Suprême cheikh Mohamed ibn Abdoul Karim Samman (r)qui le donna les secrets et pouvoirs des grands hommes et après la visite de la tombe du saint prophète Mohamed (psl), Seydina Ahmed Tidiani (r) retourne au Caire chez Mohamed El Kourdiou qui lui donne la voie Khalwatiya et l'autorisa de le donner

NAISSANCE DE LA TARIKHA
Cheikh Ahmed Tidiani (r) avait atteint, avant l'âge de 40 ans beaucoup de stations spirituelles qu'il ignorait du fait qu' on les lui avait cachées mais qu'il sentait A son retour au bercail et sur le chemin à Boussemghoun , arriva le moment tant attendu l'initiation par le prophète lui-même à l'état de veille en 1783 à 46 ans Le prophète lui dit "Je suis désormais ton initiateur, ton Maître, aucun être humain ne prétendra être ton initiateur ; Il te faut en conséquence abandonner tous les wirds que les humains t'avais donnés , personne n'aura de reproche à te faire car c'est moi qui serait ton intermédiaire auprès d'Allah et aussi ton auxiliaire. " Ainsi est née la Tarikha Tidiane qui renferme en elle tous les autres tarikhas ; C'est la tarikha Ahmedya, Mohamedya, Ibrahimiya, Hanifya qui renferme des grâces énormes jamais obtenues par tous autres tarikhas Les vertus attachées à la voie du Prophète (psl) et à son Khalife Seydina Ahmed Tidiani (r) sont innombrables. Ainsi donc le Prophète lui dicta les conditions que comportaient la Tarikha Tidiane et lui enseigna une partie du Wird
100 fois Astahfiroulah
100 fois Salatoul Fatiha et
12 fois Diewhatoul Kamal

Cheikh Ahmed Tidiani (r) effectua le Wird selon les directives du Prophète pendant 4 ans. Le Prophète revient avec le complément à ajouter au wird initial
100 fois «la ilaha il!ah lâh» et, il lui dit entre autre conseil personnel à lui :
"Maintiens cette Tarikha sans te retirer du monde, ni rompre avec le commerce des hommes jusqu'à ce que tu atteignes la station spirituelle qui t'es promise, tout en gardant ton état , sans grande gêne, ni effort cultuel excessif, passe-toi de tous les saints. "
Il reçut d'année en année l'initiation directe du Prophète ainsi que l'ordre et l'autorisation d'appeler les gens à cette voie, s'ensuivit alors une période de propagation qui dura 13 ans dans cette région, les gens affluant de multiples contrées pour tirer profit de sa Baraka et prendre de ce que lui avait confié le Prophète. Cette ordre qui prenait une expansion considérable, en très peu de temps, attisa la jalousie et l'inquiétude des autorités turques de l'époque, et là encore le destin de Seydina Ahmed Tidiani (r) allait ressembler une fois de plus à celui du Prophète car tout comme le Prophète a dû s'exiler de La Mecque à Médine, Seydina a dû le faire d'Abi Semghoune à Fès (départ d'Abi Semghoune le 17 Rabi'Awwal 1213 ; Arrivée à Fès le 6 Rabi'Thani 1213).
De là-bas, depuis sa demeure, il s'occupe de l'initiation et de l'éducation de ses disciples leur enseignant et expliquant le Coran et la sounnah à ses élèves toujours de plus en plus nombreux.

LA STATION SUPREME
Très vite la vaste étendue de son savoir particulier, la profondeur de ses enseignements, et la manifestation de ses prodiges authentiques vont conquérir toujours de plus en plus de cœur, parmi lesquels on trouve un nombre impressionnant de savant érudit, de Wali parfait et de maître spirituel, beaucoup étant de la noble descendance de notre Prophète Mohamed. Ainsi depuis sa rencontre avec l'envoyé d'Allah à Abi Semghoune, il ne cessa de suivre ses enseignements et ses éducations tout au long de ces années, et au fur et à mesure des évènements, jusqu'au jour tant annoncé en 1801, et tant prédit au cours de sa vie où il fut hissé au rang suprême de la Khotbaniya el 'Oudhma au mois de Mouharam de l'année 1214 (à 'Arafat). Il atteint deux stations uniques dans la hiérarchie spirituelle des saints, celle de la Khatmiya (Le sceau des saints : il clôture pour toujours les degrés de sainteté) et celle de la Katmiya (Le Pôle caché : station spirituelle connue seulement d'Allah et de son Prophète atteint le 18 du mois de Safar, il est l'intermédiaire spirituelle entre les Prophètes et l'ensemble des Wali).
Il est ainsi tout en haut de l'échelle de la sainteté et n'a au-dessus de lui que les Prophètes et les compagnons de notre généreux Prophète Mohamed , il est le Pôle caché qui sera dévoilé au jour du Jugement Dernier par une voix qui clamera :
" Voici celui qui de toute éternité vous inspirait les connaissances, les lumières, et la puissance que le Seigneur Très-Haut vous destinait ; Il les recevait des Prophètes et les distribuait aux saints pour vivifier leurs esprits et guider leurs actions. " Seydina Ahmed Tidiani (r) a révélé :
"Le maître de l'existence (psl) m'a informé de vive voix que je suis le Pôle caché, cela à l'état de veille et non en rêve. "
Il a expliqué aussi en ces termes le rôle du Pôle caché :
" Tout saint ne boit et n'est abreuvé que de notre océan depuis la création jusqu'au jour où on soufflera sur la Trompe. "
Il a dit aussi :
" L'essence du Prophète irrigue les essences des messagers et prophètes u; mon essence irrigue les Pôles, les Connaissants d'Allah et les Wali depuis la préexistence et ce jusqu'à l'éternité. "
Ces paroles ont été prononcées dans l'intention de permettre au disciple de comprendre l'importance et la valeur des grâces qu'Allah a fournit au détenteur de ce degré spirituel, jamais atteint par aucun saint, et ainsi d'être reconnaissant envers Allah.
Allah a dit :
" ...et quant aux bienfaits de ton Seigneur raconte-les. " et c'est à ce même titre que le Prophète avait dit :
" J'étais déjà prophète alors qu'Adam était entre l'eau et l'argile. "
Il avait dit aussi :
" Je serai le premier à être ressusciter le jour de la résurrection, je serai l'orateur lorsque les ressuscités seront rassemblé, et l'annonciateur de la bonne nouvelle lorsqu'ils auront perdu espoir ; Je détiens la bannière de la louange de Dieu, sans prétention, je serai le premier à demander et à obtenir l'intercession, je serai le premier à frapper à la porte du Paradis et à y être autorisé à entrer, et j'y entrerai avec les croyants pauvres, je suis le plus méritant parmi tous les enfants d'Adam auprès de mon Seigneur, sans prétention. "
Seydina Ahmed Tidiani (r)avait dit :
" Mes deux pieds que voici sont sur la nuque de chaque Wali. "
Un grand compagnon et disciple lui fit remarquer que Sidi Abdoul Khadr Dieylani avait dit la même chose, il lui répondit :
" Il avait parfaitement raison, mais il ne parlait que des Wali de son époque, quant à moi je dis que mes deux pieds que voici n'ont jamais cessé d'être sur la nuque de chaque Wali."

LE DECES DE CHEIKH Lors de la maladie qui allait engendrer sa mort il demanda qu'on lui amène le Daliya de Bousairi (r)mais on ne pouvais trouver ce poème à Fès, il ordonnant alors à quelques élites parmi ses compagnons de se rendre dans la ville de Mekhnès. Quand ils le trouvèrent et qu'ils vinrent avec cheikh ordonna qu'on le lui lise et une fois la lecture achevée, il ne parla à personne. Il demanda aussi qu'on lui amène le poème de l'imam Ghazali (r) lorsqu'il l'eût il le mit sous son oreiller la veille de sa mort, comme l'avait fait l'imam Ghazali (r) et voici les premiers passages de ce poème :
Dis aux frères qui m'ont vu mort
Qui m'ont pleuré et ont récité sur moi l'oraison funèbre avec tristesse
Est-ce que votre tristesse est pour l'absent
Ou sur celui qui est présent parmi vous ici ?
Croyez-vous donc que je suis votre mort-ci
Non par dieu ! Ce mort n'est pas moi
Car dans sa forme ce corps
Etait mon habit et ma tunique pour un temps
Je suis une perle enfermée dans une coquille
Qui était pour moi une prison à la quelle j'était accoutumé
Je suis un oiseau et ceci est ma cage
Je me suis envolé et ceci est resté pour disparaître
Je remercie Allah celui qui m'a libéré
Et ma construit un emplacement dans les hauteurs
J'étais avant ce jour un mort parmi vous
J'ai revécu et j'ai ôté le linceul
Aujourd'hui je converse avec les nobles assemblées
Et je vois la vérité de mes propres yeux
Je suis installé devant la Table Gardée
Où je lis et je vois !
Tout ce qui étais, tout ce qui sera et tout ce qui est proche...
A l'instant où Cheikh s'est approché du moment de sa mort il disait à cause de l'intensité de ce qui descendait sur lui :
Allah ! Allah La lumière brûle mon cœur ; Allah ! Allah La lumière brûle mon cœur ; puis il n'a cessé de le dire tout au long de la nuit. Puis à l'approche du Fajr il s'est retourné vers les gens présents et leur dit : le prophète est présent avec les 4 khalifes, levez vous et sortez Et il y'a que quelques élites qui restèrent avec lui. Puis il n'est passé qu'une heure, il fit son Soubh s'allongea sur le côté et réclama une verre d'eau. Après, il se rallongea et quitta ce monde, et ce fut le jeudi 17 Chawwal 1230 (1815) à 80 ans. Il fut enterré en présence d'un nombre impressionnant de savants, d'hommes pieux et de saints dans son zawiya à FES 2 fois de suite .
DEFINITION DE LA TIDJANIA
La Tidianya est une voie d'origine maghrébine, qui a pour fondateur Seydina Cheikh Ahmed Tidiani, né en Algérie en 1737 et décédé à Fès en 1815.
La Tidianya est l'une des dernières voies soufies à faire leur apparition. Pour mieux comprendre cette confrérie, il faudra toujours prendre en compte un fait :
les tidianes croient au caractère spécifique de leur voie. Ils fondent cette croyance
sur une similitude et une comparaison. Les musulmans voient en l'Islam la dernière
religion révélée et la récapitulation des messages divins précédents. De même, les
tidianes considèrent leur confrérie comme l'aboutissement de toutes les voies
antérieures . De plus, pour eux, Seydina Cheikh Ahmed Tidiani est le sceau des Saints,
Khâtim al-awliyâ, comme Mohamed celui des Prophètes Khâtim al-anbiyâ. En fait, cette confrérie essaie d'opérer une « révolution » du soufisme dans les pratiques et les conceptions.
Elle veut marquer une rupture dans la pratique du mysticisme. Il ne s'agira plus du soufi enfermé ou retiré dans le désert loin des préoccupations « temporelles », mais du mystique essayant de traduire la force du zikr et de la prière en moyen d'affronter le quotidien. Comme en témoigne Cheikh Al Khalifa dans un célèbre vers, en parlant de Cheikh Ahmed Tidiani : « Il a éduqué, ses disciples, sans khalwat (retraite spirituelle), jusqu'à ce qu'ils empruntent le droit chemin, Dieu l'a vraiment comblé de ses dons ». Dans l'enseignement de la Tidianya, il y a un grand souci de conformité aux préceptes de l'islam. Le Cheikh avait largement insisté sur ce point, comme en atteste les ouvrages des Mukhaddams.
Selon le célèbre Amadou Hampâthé Bâ, membre de la confrérie, Tidianya « correspond aux conditions de notre époque » et qu'elle « présente une analogie parfaite avec les trois piliers de l'enseignement des Oulémas à savoir Imân, Islâm et Ihsân (la Foi, la Soumission et la Bienfaisance). Au regard de l'importance des invocations (zikr), dans la pensée soufie, les tidianes en ont fait le fondement même de leur confrérie.

THESE SUR LE MYSTIQUE (selon Mamadou Wade)
Mohamed El Khaly, un éminent compagnon de Cheikh, avait dit au sujet du rôle et du degré de Seydina Ahmed Tidiani (r) : "C'est par son intermédiaire que tous les saints, sans en avoir conscience, reçoivent l'influx des Prophètes. "celui qui m'aime pour l'amour d' Allah et son méssager est béni mais celui quin m'aime pour une autre raison, je ne suis q'un simple humain » Les enseignements qu'il convient de tirer de l'itinéraire du fondateur de la Tidianya jusqu'à sa rencontre avec le Prophète (psl) sont essentiels pour qui emprunte la voie spirituelle.
Le premier est que Cheikh Tidiane n'a jamais cherché à se faire valoir ou à faire du prosélytisme autour de sa personne. Pareil enseignement a été mis en exergue pour les disciples, par la grande figure sénégalaise de la Tidianya, El Hadji Omar Tall , dans son ouvrage spirituel «AI Rimah» (Livres des lances). Le Cheikh AI-Murtada y dit en effet: «Le disciple qui cherche à se faire valoir avant d'avoir terminé son initiation, ne fera rien de bon». Il poursuit plus loin: «Ce qu'il faut( c'est être droit et sincère, rester humble malgré l'acquisition de certaines vertus, se considérer comme toujours imparfait et très loin d'égaler les saints, s'en remettre à Allah, demeurer attentif devant le but à atteindre...» Le deuxième enseignement réside dans la transmission à Cheikh Ahmed Tidiani des modalités de sa mission au service d' Allah .Vision du Prophète Un autre enseignement peut être relevé sur les modalités de la vision du Prophète par les saints, les gnostiques et les vertueux. Le Cheikh El Hadji Omar Tall s'y est étendu dans le livre précité. Il souligne : «On peut voir le Prophète (Psl) sous deux formes : sous l'aspect qu'il avait en ce monde, tel que le virent ses compagnons, ou sous l'aspect de son «essence» la sainte, pour les gnostiques précisément. C'est une lumière qui emplit entièrement le monde. Le gnostiques, lui, voit cette lumière grâce à son intelligence. Cette «essence» peut aussi être «incarnée» par certains Cheikhs, auxquels le Prophète fait cet honneur et donne cette marque de distinction».

Sceau suprême de la sainteté
Il est difficile d'expliciter par des mots ce que recouvre la qualité de Sceau suprême de la sainteté que le Très Haut a réservé au fondateur de la Tidianya Certains auteurs et orientalistes comme Michel Chodkiewicz ont cru pouvoir l' attribuer au grand maître arabo-andahlou Muhyil Dîne Ibn Arabî, alors que à ce dernier ne l'a pas revendiqué de façon claire et nette. D'autres auteurs confèrent ce statut à Jésus fils de Marie à son retour à la vie terrestre sous le nom AL MAHDI.
En présentant la hiérarchie des saints selon les ordres mystiques . comme la Tidianya ou les Akbariens, on peut donner une idée de la station de Cheikh Ahmed Tidiani.
Le saint est d'abord un «signe» de Dieu sur terre. Ils occupent une position privilégiée aux yeux de Dieu qui a y effacé de leur vue les visages de la multiplicité.
Les saints de Dieu portent en eux les secrets du Très-Haut et sont la source de sa lumière.
Il y a la sainteté mineure acquise grâce à l' action pour Dieu et par l' observation du modèle prophétique, et au-dessus la sainteté majeure directement liée à l'action de Dieu sur la créature privilégiée. On peut aussi parler de sainteté de la foi et de sainteté de la certitude ; cette certitude englobant la foi alors que l'inverse n'est pas vrai. Les élus de la deuxième catégorie relèvent de la sainteté majeure. En plus de la possession plénière de la foi, ils sont caractérisés par leur abandon confiant en Dieu. Leur sainteté est, en outre, fondée sur la contemplation et non sur l'argumentaire et le raisonnement. C'est à ce propos que le Cheikh Abûl Hassan Al-Shadhi disait: «Le fait de voir Dieu par l'oeil de la foi et de la certitude nous a libérés de tous recours à la pensée discursive».Qu'il s'agisse de la sainteté procédant de la foi ou de celle émanant de la certitude, l'être qui bénéficie de ces grâces divines est marqué par un ensemble de traits: possession de la gnose (al-ma'rifa bi-llah), la crainte de Dieu, le souvenir permanent de la présence divine, l'empressement à suivre les injonctions du Très-Haut, l'enracinement de l' âme dans la certitude, la perception claire de ce que Dieu veut de nous, la confiance absolue en lui, l'abandon sincère à lui, la gestion de leurs affaires par Dieu et la dotation d'autres dons dont des faveurs sur naturelles.
Au Sénégal, malgré la ferveur musulmane plus ou moins sincère constatée, on est très loin de pouvoir percevoir la sainteté véritable. Cette situation est encore compliquée par le fait que les élus de Dieu cachent le plus souvent leur sainteté ou sont, eux-mêmes, voilés. On attribue généralement la sainteté aux marabouts appartenant aux grandes familles religieuses connus ou aux «Serignes» qui ont beaucoup de monde autour d'eux.On l'attribue aussi aux faiseurs de «miracles» et autres professionnels qui prient pour les gens ou leur font des retraites «spirituelles» des talismans ou des «safaras» en vue de l'atteinte de certains objectifs purement terrestres (pouvoir, richesses, nominations à des postes recherchés, ascension sociale, guérison, célébrité et prestige...) la sainteté véritable est loin de correspondre à toutes ses attributions. C'est un secret entre Dieu et l'élu qui fait du saint un voyageur en dehors de ce monde, un trésor caché que ne découvre pas n'importe qui ne le trouve que celui qui le cherche comme un assoiffé qui a besoin d'eau ou celui qui cherche Dieu «comme une mère peut chercher son enfant perdu». Les amoureux de ce bas monde et de son clinquant ne pourront jamais reconnaître un saint, même si ce dernier les côtoie. Ils sont plutôt les persécuteurs des saints de Dieu, qu'ils méprisent et sous-estiment dans l'ignorance totale que même ce qui leur arrive de faveurs dans ce monde procède de la sainteté des élus ignorés et persécutés.
Un autre signe de la sainteté peut, enfin être trouvé à partir de ce constat du saint mystique Fuzeïl ben Ayôz : «celui que le Seigneur Très-Haut affectionne, il fuit suscite toutes sortes de difficultés dans les affaires d'ici-bas. Quand à ceux qu'il traite en ennemis, il s'élargit pour eux toutes les voies et les éprouve par des félicités terrestres.» Tous les saints de Dieu ont convergé vers le même constat.

Hiérarchie des Saints de Dieu
Pour revenir à la station élevée de Cheikh Ahmed Tidiani (r), soulignons que la hiérarchie des saints est toujours pyramidale.Au sommet, selon les guides de la Tidianya il y a, à chaque époque, le pôle suprême des saints (ou pôle du Temps!; Ensuite viennent les quatre piliers (Maftâtil Kounoudji) qui sont des singuliers (afrad!. Si le pôle (Khoutbou) quitte corporellement ce monde, il est remplacé par un des quatre piliers. Celui-ci est à son tour remplacé par un saint provenant d'un troisième rang formé par les saints gnostiques parfaits (arifs kaamil).
Nul, hormis le Pôle lui-même, ne peut savoir ou mesurer la station de la polarité (martthaba khoutbou). Le Pôle suprême n'a pas le droit de parler de lui. Il est soigneusement caché par Dieu, et il ne se fait connaître qu'a de rares élus. Son degré spirituel (mahama) réside dans sa grande proximité avec le Prophète au niveau de l'âme, du coeur et de l' esprit. Le Pôle possède le savoir qui existait avant la création du monde et après cette création. Il possède les secrets des Noms de Dieu et le savoir de l'essence et de l'existence. Il regarde aussi l'essence de l'existence par l'intermédiaire du mahama (degré, position) du Prophète.
Le savoir du Pôle est détenu également par les grands singuliers (afrads) devenus piliers au nombre de quatre. Mais ils ne perçoivent pas pleinement leurs connaissances, ni leur station spirituelle. Ils travaillent sur le plan mystique sans cette perception de leur savoir ; car dans l'état où ils se trouvent ils ne savent pas ce qui est ou non autour d'eux, de même que les faveurs dont Dieu les a gratifiées. Cette méconnaissance trouve son explication dans l'humilité des saints concernés. Leur humilité est telle qu'ils ne savent pas ce qu'ils sont et ce qu'ils représentent. Ils sont ainsi voilés par leur humilité (tôrokh Lou). C'est seulement le pôle qui connaît l' état des piliers.
Ces derniers ne peuvent cerner ce qu'ils étaient ou ce qu'ils faisaient, qu'une fois hissés à la station de pôle. Il peut arriver, qu'à une époque, existent plusieurs pôles de la sainteté. Dans ce cas ils sont coiffés par un pôle des pôles (khoutbou Lagertab) qui a la puissance de 1500 saints gnostiques. Il existe aussi un outre type d'élus de Dieu. Il s'agit des khalifes (lieutenants) de Dieu distincts des pôles. Les khalifes de Dieu détiennent le degré des pôles, mais sont plus puissants que ces derniers.
En plus du savoir des pôles, ils ont la connaissance du message divin (Risâla). Ce sont des messagers. Ils possèdent la science des singuliers et celle des prophètes. Ils cernent le pouvoir et la nature des choses. Ils puisent leur savoir chez les anges et donc des mondes supérieurs différents du monde d'ici-bas, le Moulk ou planète des humains correspondant aux ténèbres de l'être, du corps et de l'âme.
Ces mondes supérieurs sont le monde angélique (Malakout), le monde de la puissance (Djabarout) et celui de l'ordre (lamri). Chacun de ces mondes, y compris le nôtre, reçoivent des lumières divines à travers le Prophète. Ils sont situés entre 10 terres, le premier et septième ciel, Koursiyou, Arras et au-delà d'Arras. Les saints véritables sont, ou non, familiers de ces lumières divines.
Leur niveau de conscience de cet état reste fonction du savoir et de l'ouverture acquis par la voie des degrés (mahama). Cette voie étant un processus d'ouverture provenant de l'illumination, des épiphanies et des miracles de la vérité et des secrets et du savoir que l'intelligence, à elle seule, ne peut atteindre. Il s'agit d'un savoir et des secrets qui ne se trouvent dans aucun livre. C'est fort de cette illumination et de ce savoir supérieur, que les saints ou gnostiques accomplis connaissent ce qui arrive de bon ou de mauvais à l' époque, ce qui a trait aux saisons, ce que Dieu décrète dans le monde et, à chaque moment, ce qui correspond à ce décret.
Leur connaissance embrasse aussi le pourquoi des choses qui arrivent, ce qui précède et ce qui vient après, les positions des étoiles, le savoir conforme à la dévotion à Dieu, l'état des esprits (rouhs) et leur progression, le secret des créatures, le monde du mystère, la connaissance des lettres célestes (Alif, Lam, Kâf...) commençant certaines sourates du Coran.
Mais la possession de toutes ces connaissances n'est pas tout. Le saint absolument accompli doit également accéder aux lumières de ces connaissances. Pour cela, il doit abandonner tous les dons déjà acquis, faire comme s'il recommençait à zéro, comme s'il ne connaissait rien. Il ne demande, aussi, rien à Dieu, à part de l'assister pour avoir la paix, être maintenu sur voie droite et arriver à lui.
Beaucoup d'adeptes de la voie spirituelle ou de candidat à la sainteté flanchent et tombent dès la première étape du chemin, pour avoir associé à Dieu leurs intérêts, leur âme, ainsi que la recherche déguisée de la gloire et de la renommée. En réalité, par le biais de cette Association secrète, nombre de marabouts ont donné à Satan, le moyen de les induire en erreur en les corrompant par toutes sortes de vanités, comme l'a indiqué le Cheikh Omar Tall du Fouta. Ces marabouts, poursuit le grand cheikh de la Tidianya, s'égarent alors et ils égarent les autres en les entraînant avec eux. Pour avoir les chances de réussir dans sa quête de Dieu, l'itinérant devrait par conséquent s'appliquer, avec l'aide d'Allah, à vider son coeur du monde. Ce qui ne signifie pas renoncer au monde. Il s'agit plutôt d'un détachement du coeur qui peut aller de pair avec l'exercice d'un travail pour ne pas être à la charge de la communauté et pour aider les autres. Même les cheikhs ou plus prosaïquement les Serignes, a déclaré El Hadji Omar Tall, «doivent exercer une activité pour subvenir à leurs besoins». «Préférer Allah à toute chose», a encore souligné le cheikh sénégalais de la voie tidianya, «doit être, pour le disciple qui désire l'initiation, le, principe et la fin de ses désirs. Pas un seul instant de sa vie ne doit être consacré à autre chose. Penser à autre chose, c'est retrouver l'intérêt et la disposition.
Le disciple doit se réserver à Allah en toute action dans le seul but de le glorifier, de le louer et de le remercier».Si l'itinérant cherche autre chose, Dieu lui retourne sa dévotion.
Cette punition peut se traduire par des succès et beaucoup de gloire dans ce bas monde. Ce qui n'a rien à voir avec le pouvoir initiatique et la sainteté. Mais le commun des croyants est loin de le savoir. Il s'empresse plutôt autour des «hommes de Dieu» ayant une autorité extérieure sur ce bas monde cet les vénèrent alors que ces derniers ont, en fait raté le but suprême. Pendant ce temps, le saint parvenu à Dieu, ou le pieux serviteur qui a abandonné son libre arbitre au Tout Puissant, sont ignorés car ils sont généralement étrangers à ce monde. Mais ces derniers n' en sont pas offusqués et regardent le commun des croyants avec l' oeil de la miséricorde. Ils se disent aussi, comme le cheikh Al Akbar Ibn' Arabi : «Nous avons laissé derrière nous les mers agitées. Comment les hommes sauraient-ils vers quoi nous nous dirigeons ?.
Ils savent enfin que peu de gens ont la notion de l'élection divine et sont en mesure de saisir la véritable personnalité de l'homme qui progresse dans les sciences divines et les connaissances seigneuriales.
Comme on l'a dit, la hiérarchie des saints est pyramidale. Cela ouvre la question de savoir si les saints se connaissent entre eux. La réponse est affirmative dans le monde des esprits mais ne l'est pas toujours dans notre vie quotidienne. Ici, celui qui se trouve dans un échelon inférieur peut ne pas se rendre compte de la station spirituelle du saint de l'échelon supé rieur. Il pourrait même arriver, si sa sainteté lui est dévoilée, qu'il se croit supérieur tant les perspectives et dons qui lui sont révélés sont fabuleux et source d'ivresse extatique. Le cheikh Ibn' Ata Allah répond un peu à la question ouverte en signalant que : «l'être qui est bas peut s'approcher de celui qui est élevé, mais il ne peut le cerner». Il ajoute aussi : «Les saints reçoivent les stations spirituelles des prophètes mais ils n'en ont pas une vision globale. A l'inverse, ceux-ci dominent parfaitement les stations des saints..»

Caractéristiques du Pôle caché
A la lumière de ces dernières observations, il est possible de comprendre pourquoi des saints de son temps et après lui pouvaient ne pas connaître le rang spirituel du cheikh Ahmed Tidiani. Les grands saints des époques précédentes connaissent cependant l'existence du pôle caché avant l'avènement de son futur détenteur. Seulement, selon les gnostiques de la Tidianya, hormis l'Imam Ali Ibn Abû Talib, les pôles Abd Al-Salâm Ibn Mashîsh ( l 3e siècle) et Abdoul Khâdr Dieylanî (12e siècle) et quelques autres saints supérieurs, aucun pieux serviteur ne savait la description physique avant ou après du pôle caché, Toutefois, à l'Assemblée secrète des saints (Dîwan awliya) qui se tient chaque nuit de vendredi, les participants ,qui se trouvaient dans le cercle proche du prophète voyaient au-dessus d'eux un siège réservé occupé par un personnage fait de lumière. C'était le cheikh Ahmed Tidiani (r). A son avènement ce siège fut occulté. Il n'est plus visible et ne le sera plus. Les dons et les caractéristiques du Pôle caché et du Sceau des saints sont impossibles à décrire en usant de mots et vocables au langage familier. C'est comme l'évocation de la saveur d'une mangue à quelqu'un qui n'a jamais goûté à ce fruit. En se référant, toujours au cheikh Al-Murtada, El Hadji Omar Tall, on peut esquisser un descriptif. Le cheikh a souligné en parlant de Mohammed (psl) et de AT- Tidiani : «J'étais déjà Prophète alors qu'Adam était entre l'eau et l'argile». De même, le Sceau des saints était un saint en acte informé de sa sainteté «alors qu'Adam était encore entre l'eau et; argile» tandis que les autres saints ne le sont (en acte) qu'après avoir rempli toutes ses conditions de la sainteté. «c'est qu'en effet, Dieu a donné le privilège de la sainteté après avoir donné celui de la prophétie et de la mission : dès la pré éternité l'a choisi (après le sceau des Prophètes) le Sceau des saints (et aussi les autres membres de sa confrérie') purement et simplement, et sans raison d'ordre temporel. ..» .
Le cheikh Al-Murtada poursuit : «Le Sceau des saints reçoit un certain nombre de qualificatifs : le seigneur des initiés, l'imam des véridiques, le fournisseur en influx des pôles et des recours suprêmes, le pôle caché, l'isthme scellé, la substance des substances. ..Le sceau des saints occupe un grade qui est «le Sceau des grades». Il surpasse tous les grades de la sainteté, et n'a au-dessus de lui que les grades des Prophètes».
La grande figure sénégalaise de la mystique musulmane ajoute: «... Le Sceau des saints reçoit non seulement l'influx mohammadienne par l'intermédiaire des Prophètes, mais il reçoit encore un influx particulier de l'essence de Mohammed (PsI), directement et sans qu'il passe par les autres Prophètes. Il s'ensuit que tous les influx prophétiques d'abord émanés de la lumière mohammadienne convergent donc vers lui et que c'est lui seul qui les dispensera aux saints».
Le cheikh Ahmed Tidiani lui-même a parlé de sa station et de son grade spirituels en déclarant que le Sceau répand les influx évoqués, en priorité sur les membres de sa Tarikha, puis sur les cheikhs des autres voies.
A une question d'un de ses proches disciples, le cheikh Mohammed Khâly, maître d'El Hadji Omar aux lieux saints, AT Tidiani a aussi répondu: «Le pôle caché c'est celui que Dieu a caché à toutes ces créatures même aux anges et aux Prophètes, sauf au seigneur de l'Existence (Mohammed Psl)». En clair, le fondateur de la tidianya faisait savoir à son grand disciple : «Qu'en effet, l'influx particulier du sceau, qu'il a reçu directement de la réalité mohammadienne, et qu'il répand ensuite sur les membres de sa confrérie, les Prophètes n'en ont pas conscience; et cela parce que le sceau a une source (mashrab} en commun avec eux (c'est-à-dire directement dans la réalité mohammadienne}.


Publié dans : ISLAM
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